Les membres de System of a Down et le rôle de chacun

Les quatre membres associés à la formation classique de System of a Down sont Serj Tankian au chant, Daron Malakian à la guitare et au chant, Shavo Odadjian à la basse et John Dolmayan à la batterie. Ce résumé répond à la question, mais il ne dit pas pourquoi le groupe sonne aussi singulier. Sa personnalité tient beaucoup à la façon dont ces rôles se heurtent, se répondent et changent de place au milieu d’un morceau.
Qui fait quoi dans System of a Down ?
| Membre | Rôle principal | Ce qu’il faut écouter |
|---|---|---|
| Serj Tankian | Chant principal | Les changements de registre et de caractère, du chant posé aux interventions abrasives |
| Daron Malakian | Guitare, chant | Les riffs, les ruptures et la complémentarité de sa voix avec celle de Serj |
| Shavo Odadjian | Basse | L’assise des riffs et les liaisons entre guitare et batterie |
| John Dolmayan | Batterie | Les accents, les relances et le maintien de la cohésion dans les changements brusques |
Ces indications décrivent les fonctions les plus immédiatement audibles, pas la totalité des crédits de chaque enregistrement. Pour attribuer précisément l’écriture d’un titre, il faut consulter ses crédits : jouer d’un instrument, composer une musique, écrire des paroles et produire un album sont des contributions différentes.
Serj Tankian : plusieurs personnages dans une seule voix
Chez Serj Tankian, le contraste compte autant que la puissance. Sur Chop Suey!, écoutez comment l’articulation nerveuse des premières sections cède la place à des passages beaucoup plus amples. Sa voix peut donner l’impression de commenter, d’interpeller ou de mettre une situation en scène. Ce fonctionnement théâtral empêche le chant de rester sur une seule intensité.
Son travail solo, notamment Elect the Dead, constitue un prolongement possible pour qui souhaite isoler davantage son univers personnel. Il ne faut toutefois pas prendre un projet solo comme une simple version réduite du groupe : le cadre de composition et les partenaires ne sont plus les mêmes.
Daron Malakian : riffs et deuxième centre vocal
La guitare de Malakian ne remplit pas uniquement l’espace avec de la saturation. Elle peut installer une figure courte, s’interrompre et repartir dans une autre direction. Écoutez B.Y.O.B. en suivant les entrées de guitare plutôt que le chant : le relief du morceau apparaît autrement.
Sa voix participe aussi à l’identité du groupe. Les deux chanteurs n’ont pas besoin de sonner pareil pour fonctionner ensemble : leur différence de couleur rend certains échanges immédiatement reconnaissables. Si vous découvrez les instruments du rock, notre guide des différents types de guitares permet de replacer la guitare électrique parmi les autres familles, sans confondre instrument et effet sonore.
Shavo Odadjian : écouter ce qui tient le riff
La basse peut être moins évidente à isoler sur une première écoute dense. Cherchez-la lorsque la guitare laisse un espace, puis essayez de retrouver sa trajectoire quand l’ensemble repart. Elle contribue à l’épaisseur du son, mais aussi à la netteté de certaines attaques communes.
Un casque ou des enceintes qui restituent correctement le grave aident davantage qu’un volume élevé. L’objectif n’est pas d’inventer une ligne spectaculaire sous chaque passage : c’est de comprendre comment une partie relativement sobre peut rendre le riff plus solide. Dans un groupe, cette fonction de soutien est un choix musical, pas un manque d’importance.
John Dolmayan : rendre les ruptures cohérentes
Toxicity est un bon terrain pour suivre la batterie. Écoutez les accents et les retours de motifs plutôt que de chercher seulement à compter vite. La partie organise les contrastes et fait sentir quand une section change d’appui.
Pour un musicien débutant, l’enseignement est concret : une transition réussie dépend de repères partagés. Tous les changements ne sont pas une occasion de multiplier les notes. Notre article sur les repères pour mieux jouer en groupe détaille cette écoute collective.
La formation a-t-elle toujours été la même ?
Non. Andy Khachaturian a occupé la batterie avant John Dolmayan, arrivé en 1997. C’est donc inexact de présenter Dolmayan comme le tout premier batteur. La formation réunissant Tankian, Malakian, Odadjian et Dolmayan est celle que l’on retrouve sur les cinq albums studio parus de 1998 à 2005 : System of a Down, Toxicity, Steal This Album!, Mezmerize et Hypnotize.
Les activités individuelles et les concerts ne permettent pas, à eux seuls, d’annoncer un nouvel album. Pour cette raison, cette présentation se concentre sur les rôles et le répertoire, sans transformer des rumeurs de studio en actualité.
Un parcours d’écoute sans se limiter au tube le plus connu
- Sugar : pour une approche ramassée, tendue et faite de contrastes.
- Toxicity : pour suivre les articulations entre voix, batterie et riffs.
- Chop Suey! : pour entendre les bascules d’intensité vocale.
- B.Y.O.B. : pour les changements de texture et le dialogue des chants.
- Lost in Hollywood : pour découvrir une couleur plus mélodique.
Ce parcours n’est pas un palmarès. Réécouter un titre en suivant un seul instrument apprend souvent plus qu’enchaîner les albums en arrière-plan. Les étiquettes metal alternatif ou nu metal donnent des repères, mais n’épuisent pas les contrastes du groupe : notre glossaire musical propose des points de comparaison.
Sources et crédits
Biographie officielle de Serj Tankian, serjtankian.com/pages/about ; discographie officielle du groupe, systemofadown.com ; entretien et dossier System of a Down, Mix, novembre 2001 ; entretien sur Soil et les débuts du groupe, Metal Hammer/Louder. Illustration générée d’une scène vide : il ne s’agit ni d’une photographie du groupe ni de son matériel réel.



